L’AVOCAT ET SA LINGUITUDE

Il nous arrive d’être le porte-voix d’autrui, lequel s’exprime par notre organe. Cet organe, dans la langue latine, et donc la nôtre, désigne aussi les sons qu’il articule.

 

La lingua est un bout de chair(1)  et, par métonymie, ce qu’il exprime ou les deux à la fois : lingua haesitare, dans une langue hésitante, ou linguam continere, tenir sa langue, la contenir, ou encore lingua promptus, la langue bien pendue (trois expressions cicéroniennes).

 

Le latin multipliera les adjectifs linguaux : linguatus, éloquent, et son diminutif linguatulus ; linguax, bavard ; linguosus, grand parleur (avec déjà cette habitude italienne de s’exprimer avec les mains : linguosi digiti, des doigts expressifs).

 

Avoir la langue trop longue pouvait déboucher sur une amende, appelée linguarium. Il ne restait alors plus qu’à serrer les dents, lesquelles expriment l’opiniâtreté d’une opinion, maintenue mordicus, en mordant…

 

 

Alain LEBRUN

 

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(1) Lingua, et plus encore sa forme archaïque dingua, est à rapprocher de l’anglais Tongue, qui désigne également tant l’organe charnu que le langage (Mother Tongue, langue maternelle). L’organe désigne plus largement en français la voix (c’est-à-dire la résultante organique de mouvements de la langue, de la bouche et des cordes vocales).

 

 

 

 

 

 

 
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